Bordeaux

Un mystérieux édifice bordelais, Le fort du Hâ, palais devenu prison …

La célèbre bataille de Castillon le 17 juillet 1453, marque la fin de la guerre de Cent ans et remet Bordeaux sous la coupe du roi de France, Charles VII. Ce dernier, soucieux de maintenir l’ordre, tant les bordelais lui semblent regretter la présence anglaise, ordonne la construction du château Trompette et du fort du Hâ, pour, comme il le dit : « tenir les Bordelais le fer au dos ».

château de HâPalais puis prison ….

Construit aussi bien pour surveiller les bordelais et s’il le faut, les mâter, que pour briser une attaque ennemie, le château de Hâ doit être nécessairement défendu aussi bien du côté de la ville que du côté de la campagne. Puissant et imposant ouvrage militaire, l’édifice, compris entre rue du Maréchal Joffre, Place de la République, cours d’Albret, et rue des Frères Bonie comporte cinq tours et forme un quadrilatère de 120 mètres de long sur 68 de large fermé par d’imposants remparts aux épaisses murailles, entourés de fossés qui atteignent en certains endroits, 24 mètres de large. Considéré en son temps comme un des plus beaux édifices de France, le poète bordelais Pierre de Brach au XVIème siècle, chante ses louanges.

Dès son achèvement, le château du Hâ, déjà partiellement transformé en prison, est occupé par des troupes royales gouvernées par le maréchal de France, Poton de Xaintrailles. La citadelle devient par la suite la résidence de Charles de Valois, nommé duc de Guyenne, prince insouciant et frère du roi Louis XI. Il tient au château du Hâ une cour brillante, donnant des fêtes et organisant des tournois. La plupart des historiens relatent que le Duc de Guyenne est mort empoisonné, après avoir résisté quelques mois, perdu les ongles et les cheveux, alors que le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, accuse le roi Louis XI d’avoir commandité l’empoisonnement de son propre frère. La fin prématurée de Charles de Valois va profondément affliger le peuple de Bordeaux.

Au fil du temps le château va devenir une forteresse où seront embastillés tous ceux qui se révoltent contre le pouvoir central, quelles que soient leurs opinions. Sous Henri IV, malgré le souhait de ce dernier de faire détruire le château, il échappera à la démolition et sera le cadre aussi bien pendant la Fronde, les guerres de religion, la Révolution, l’Empire, les Républiques, l’Occupation, d’histoires et d’affaires des plus cruelles et des plus sordides et hébergera les locataires les plus divers et très souvent tristement célèbres.

La destruction

Après la seconde guerre mondiale, la forteresse devient prison départementale jusqu’à sa destruction en 1969. De ce chef d’œuvre d’architecture civile et militaire, il ne reste plus aujourd’hui que deux tours classées à l’inventaire historique. En 1972 l’Ecole Nationale de la Magistrature est construite sur l’ancien emplacement du château forteresse.

Haut lieu d’une histoire tragique, émouvante, mystérieuse, cruelle, où grande et petite histoire n’ont cessé de se mêler, le « Fort du Hâ » fut à tort décrié, alors que les murs ne sont bien sûr, responsables de rien. Tout ce qu’il s’y passa d’horrible en diverses périodes de l’histoire, vis-à-vis des prisonniers, fut uniquement le fait de la folie des hommes.

Les lieux qui ont résonné d’espoirs, de souffrances, de cris, de larmes, des aventures les plus noires nées des passions exacerbées des hommes, mais aussi parfois de rires, servent désormais l’utilité publique par l’instruction des futurs magistrats, comme s’il était devenu nécessaire à l’ombre des derniers murs de la forteresse, de réparer ce triste passé …..

Source Le Fort du Hâ de Bordeaux - Les Dossiers d’Aquitaine

Ecrit par Dominique Mirassou


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