Bordeaux

Musique de chambre au Fémina

Un duo violon et piano de haute volée

Le bureau de concerts Mussikoklassika que dirige à Paris Hervé Archambeau a eu l’heureuse initiative de présenter au public bordelais deux artistes de grand talent dont il assure, en sa qualité d’Agent Artistique, la promotion et organise les tournées, actuellement en France.
Ekaterina Frolova, violoniste russe, et Vesselin Stanev d’origine bulgare, n’ont peut être pas (encore) la notoriété de certains de leurs collègues mais cela ne saurait tarder, tant leur prestation fut, ce soir là, de haut niveau.
Devant une salle comble, malgré la concurrence à l’auditorium de la dernière de Tristan et Isolde, nous fut proposé un concert intelligemment composé pour un public composite mais conquis. La première partie, très chambriste, comportait la 2ème sonate de Brahms, qui n’est pas la plus célèbre de 3 composées par le musicien mais l’intérêt n’en était que plus grand, il en fut de même avec la 1ère sonate de Saint-Saëns, assez peu jouée elle aussi. D’où curiosité, à la fois pour les exécutants et pour des œuvres rares.
Ekaterina Frolova
Dans l’intimiste de Brahms et l’exubérance brillante de Saint-Saëns, les deux interprètes démontrèrent leurs qualités intrinsèques d’instrumentistes mais beaucoup plus encore, leur entente parfaite de chambristes dans la forme "sonate" qui l’exige. Pianiste sûr à la technique éprouvée, au clavier au Steinway de concert ; violoniste à la sonorité chaleureuse et à la maitrise impeccable sur un "Gagliano" somptueux de 1755.
La seconde partie du concert méritait bien à elle seule le titre de "Duo concertant" que porte l’œuvre de Liszt inscrite au programme et c’est encore mieux justifié à l’écoute du thème varié de Henrick Wieniawski, célèbre violoniste polonais (1835-1880) qui clôturait la soirée. Pourquoi ?
Parce que si la première partie du concert respectait les normes traditionnelles de la forme "Sonate", la deuxième consacrait une séquence ou primait la virtuosité instrumentale. Dans le grand duo concertant de Liszt et plus précisément dans les 4 variations et la tarentelle, il y a du Liszt pour Vesselin le pianiste et du Paganini pour Ekaterina la
Vesselin Stanev
Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant quand l’on sait que Liszt a volontiers transcrit pour piano des œuvres de son contemporain (par exemple La Campanella). Nos deux "complices" furent brillants à souhait. Restait Wieniawski ! Vesselin Stanev ne m’en voudra pas si je décrète que ce final ne pouvait qu’être le triomphe violonistique d’Ekaterina Frolova. Le violoniste compositeur a bien gâté ses futurs interprètes, tout y passe : arpèges fulgurantes, doubles, triples, quadruples cordes, harmoniques, staccato volant ou non, octaves doigtées ou non, dixièmes, etc. Ekatrina Frolova, en digne héritière se l’école Russe de violon, se joue de toutes les difficultés, technique parfaite, sonorité magnifique, archet et main gauche remarquables. Un régal ! Et quel beau violon de Gagliano ! Tout cela a fait un concert de gala ! Le "bis" de Astor Piazzola fit craquer encore une fois une assistance sous le charme.

Ecrit par Sarastro


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