Bordeaux

Le futur Musée de la Mer, une passerelle vers les horizons lointains.

L’un des centres d’intérêt de Bordeaux fête le fleuve est la présentation du futur Musée de la Mer de Norbert Fradin. Antoine Lebègue, auteur de nombreux ouvrages sur la marine, dont Les paquebots à Bordeaux, un numéro d’Empreintes, la revue de la Mémoire de Bordeaux, nous présente ce projet, qui sera, sans doute dès 2017, l’un des pôles d’animation du quartier de Bacalan.

Comme Obélix est tombé dans la marmite, Norbert Fradin a été pris par la mer presque bébé. Il était si petit qu’il ne souvient pas quand il a entendu parler des navires pour la première fois : son père avait un ami qui avait été mousse sur un cap-hornier de l’armement bordelais Bordes. Un marin qui racontait des histoires passionnantes et lui avait donné une maquette d’un mètre de long d’un trois mâts barque avec ses personnages. Maquette qu’il possède toujours. Par la suite quand il avait dix ans, au début des années Soixante, il avait monté une maquette du « France ». C’était l’époque de la prospérité retrouvée et de l’optimisme. À Royan le jeune Norbert avait pu aussi se confronter aux réalités de la navigation sur un Vaurien. Une confrontation parfois difficile pour la génération dériveur à laquelle il appartenait, certaines sorties en mer se terminant « à la baille » par un chavirage, une manœuvre qui faisait partie intégrante de ce genre de navigation.
Antoine Lebègue et Norbert Fradin devant le dessin du futur Musée
Ces bains forcés auraient pu refroidir les passions marines de Norbert Fradin. Mais il n’en fut rien. Pour preuve l’impressionnante collection de maquettes de navires et d’objets de marine qu’il a rassemblée. Une collection qui lui a donné l’idée voici quatre ou cinq ans d’utiliser pour monter un musée de la marine. Il ne s’agissait pas pour autant de refaire le sympathique petit musée qui se trouvait autrefois dans le pavillon central de la Bourse. Un musée dont le retour était réclamé par les Bordelais et que Chaban avait promis dix fois ; mais un musée que le Saintongeais Norbert Fradin n’avait jamais vu.
bernard Gaillard et Norbert Fradin admirant la maquette du Normandie
L’espace qu’il voulait créer ne devait pas être un refuge de nostalgie mais un lieu autant tourné vers le futur que vers le passé et en prise avec le présent. D’où le choix de concevoir un Musée de la Mer et de la Marine, qui ne se contente pas de retracer l’histoire de la navigation. Il offrira une approche globale du sujet. Tous les aspects de vie des océans seront présentés, de la biologie marine à la plaisance. L’interdisciplinarité sera la règle par exemple avec le rôle des algues aussi bien dans l’alimentation que l’éclairage ou l’absorption du gaz carbonique. Les collections et thèmes n’oublieront pas Bordeaux et la Gironde mais chercheront d’abord l’universalité. L’une des clefs de ce musée d’un nouveau genre sera l’équilibre. Une notion qui se retrouvera dans la muséologie adoptée. Celle-ci combinera le virtuel, indispensable pour la créativité et l’interactivité, et les collections d’objets. Ceux-ci iront des maquettes à des bateaux comme « Vendredi 13 » ou « Oxbird » un étonnant petit canot à vapeur d’avant-garde, conçu en 1914. L’innovation se traduira aussi par un bâtiment, conçu par Olivier Brochet, où les visiteurs pourront passer en permanence de l’intérieur à l’extérieur grâce à des jardins suspendus.

Norbert Fradin devant Oxbird
photo Antoine Lebègue

Le Musée de la Mer et de la Marine innovera aussi par son mode de financement et de fonctionnement. Tournant le dos à la solution de facilité qui consiste à faire appel aux collectivités territoriales, il privilégie le recours au privé et au partenariat. La construction sera prise en charge par le groupe Fradin dans le cadre d’un vaste programme d’urbanisme. Pour l’animation et la vie du centre, il sera fait appel à un partenariat de compétence et d’image. Une méthode qu’il emploie pour l’espace de présentation du projet à la fête du fleuve : il y accueille la Mémoire de Bordeaux, avec une exposition de photos et un diaporama, les Maquettes de Guyenne, avec une maquette du « Burdigala » qui sera présente dans le futur musée, le Festival du Film naval qui organise plusieurs manifestations autour du quatre vingtième anniversaire de la première traversée du « Normandie » (voir ci-dessous). Fédérer les énergies pour faire vivre la culture maritime et portuaire bordelaise, l’esprit du musée est déjà un beau projet.

Informations pratiques :
L’espace du musée se trouve dans la Grande Cabane (dite L’Espace Arbre et Fleuve) sur la fête du fleuve.
Le Festival du Film naval organise une conférence projection de Bernard Gaillard sur le « Normandie » le 30 mai à 15 heures au Musée d’Aquitaine (entrée libre) et une projection du film Ā bord du Normandie, avec les vues en couleur de Jean Vivié, le 1er juin à 20h30 au cinéma Utopia (réservation à l’Utopia).

Ecrit par Antoine Lebegue


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