Le deuxième roman de Marie-Laure Hubert-Nasser : « Spleen Machine »

Peu encline à s’attarder sur la vie de son premier roman publié il y a à peine plus d’un an, Marie-Laure Hubert-Nasser nous confie s’être remise aussitôt à écrire. Histoire peut-être de s’autoriser enfin à penser et à dire qu’elle est une authentique écrivaine, son deuxième roman, Spleen Machine, vient de paraître.

Le thème – les personnages

Chronique précise et sulfureuse des choses de la vie en 2015 : des parents qui réussissent mais sont absents, des adolescents à qui il ne manque rien matériellement et pourtant affreusement solitaires, d’un environnement social hyper anxiogène, d’overdoses d’impudeur générées par les réseaux sociaux, d’une crise omniprésente dans les médias.

Alix, adolescente, fille d’un couple aisé dont les premières émotions amoureuses et l’enfermement hystérique ne font qu’aggraver un mal de vivre la conduisant à préparer son suicide.

Anna, la mère véritable « working girl » franchissant non sans souffrances et frustrations tous les échelons d’une carrière professionnelle dévorante.

Chacune se drogue comme elle peut : Alix avec les plus mauvais aspects de la pharmacopée, Anna avec la réussite professionnelle, toutes les deux ont du talent et sont aimées et admirées, tout va bien en apparence, mais en fait rien ne va !!!

Arnaud, un mari bienveillant qui épaule Anna mais est néanmoins absent, tant sa carrière lui laisse peu de temps pour voir grandir Alix, la fille qu’il chérit ; d’ailleurs, son épouse ira jusqu’à dire de lui : « Mon mari avait inventé la non conversation ».
Marie-Laure Hubert-Nasser
Une leçon de vie

Quoi de plus banal à priori que cette superwoman qui n’a pas vu ni beaucoup écouté sa fille chérie et semble découvrir que toutes deux ne sont que des évadées voguant tant bien que mal au gré d’événements qu’elles finissent par subir non sans détresse, sauf que MLHN qui s’est parfaitement approprié les codes de l’adolescence, nous décrit la vie, les émotions et les tourments de ces deux femmes, avec une sensibilité, une émotion et une précision qui nous interpellent.

MLHN, par ailleurs, directrice de la communication de la Mairie de Bordeaux, évoque dans ce roman les effets dévastateurs de l’incommunicabilité, les errances de deux exilées souffrantes qui bien qu’appréciées, connues et populaires ne font qu’affronter de plus près le vide d’une vie dictée par les événements, les codes de la notoriété et de la réussite sociale.

Une invitation à nous protéger du fléau contemporain de l’agitation et de la confusion des sentiments en privilégiant l’intériorité et le recueillement …….

La désormais « célèbre » MLHN s’est déjà remise à écrire avec ardeur et en toute simplicité : nous attendons avec impatience sa troisième production !

Ecrit par Dominique Mirassou