La politique face à l’inquiétude des français …

Alors qu’individuellement les Français se déclarent heureux, le peuple, inquiet à plusieurs titres, reste un champion mondial du pessimisme. Crispation, peur du changement, sentiment d’absence de détermination et d’impuissance de la part de nos politiques ne font que renforcer une réelle et grandissante crainte de l’avenir. Le mutisme des politiques à propos de sujets qui inquiètent réellement les français est pour le moins étonnant.

Les deux visages de la réalité

Il est bien sûr évident que le pessimisme ne mène nulle part, que la France, sixième puissance économique mondiale, possède sur tous les plans de nombreux atouts et qu’il importe que les français en prennent conscience. Cependant, alors que la situation internationale interpelle notre respect de l’autre, notre tolérance, notre attention au plus faible, à l’opprimé et in fine notre « amour du prochain », bon nombre de français, bien que désireux de faire preuve d’humanité et de bons sentiments, se trouvent confrontés et préoccupés par de bien plus urgentes et douloureuses réalités quotidiennes dont à l’évidence plus grand monde ne souhaite parler.

Entre un chômage galopant, une exclusion massive des jeunes, un désastre de l’intégration, une menace terroriste qui s’amplifie, une immigration non maîtrisée, les sujets de préoccupation ne manquent pas. Que dire des inquiétudes suscitées par la situation internationale, du chaos meurtrier au Moyen-Orient, des massacres perpétrés par l’Etat islamique, de la reprise des violences en Palestine, de la déstabilisation d’une partie de l’Afrique, de l’illisibilité de notre politique en Syrie, etc ……… sans oublier l’impuissance de l’Union Européenne face à tous ces désastres, incapable d’exprimer et de concrétiser l’existence d’une volonté commune, claire et ferme.
© photo Etienne ValoisUn silence anxiogène

Dans ce très préoccupant contexte, nos dirigeants, histoire surtout de ne pas déprimer un peu plus une société mal en point et de ne pas démobiliser l’énergie collective ou du moins ce qu’il en reste, ne proposent ni projets forts ni esquisses de solutions et adoptent un silence d’autant plus anxiogène que les problèmes qui minent notre société sont de plus en plus cruciaux. Valable en d’autres temps, où l’on pouvait préférer attendre et ne rien faire, une telle attitude ne fait aujourd’hui qu’enfoncer le pays dans la démobilisation, l’inquiétude et la dégradation de la démocratie.

Ni dogmatisme, ni angélisme …

Qu’il s’agisse de regarder la mondialisation en face, de réformer le fonctionnement de l’Europe ou de repenser notre modèle de société, l’immense tâche qui nous attend n’a pas plus besoin du dogmatisme des uns que de l’angélisme des autres.

Le malaise populaire qui est profond et grave ne semble pas vraiment « entendu » par nos « élites » trop souvent hors-sol, vivant quoi qu’elles en pensent et disent, beaucoup plus à côté des français qu’avec eux. Une bonne dose de détermination, d’autorité et de courage ne serait ni inutile ni superflue si nous ne voulons pas que les extrêmes continuent à prospérer et à vivre des questions que les partis de gouvernement évitent en silence depuis trop longtemps.

photo Une © patrick janicek

Ecrit par Dominique Mirassou


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