L’Art contemporain en question !!!

Nullité artistique patente pour les uns, chef d’œuvre contemporain pour les autres, le fameux tree, structure gonflable en forme de sex toy installée place Vendôme par le provocateur Paul McCarthy, puis dégonflée en pleine nuit par des inconnus, symbolise bien à lui tout seul les interrogations et autres indignations que ne manque pas de susciter l’art contemporain.


Chefs d’œuvre ou platitudes

Réservé à une « élite d’initiés autoproclamés », l’art contemporain interroge et parfois même scandalise. Que l’on voit dans Tree, un arbre de Noël ou bien un sex toy, n’ajoute rien, ni à la qualité, ni à la puissance symbolique supposée de l’ « œuvre ». A défaut d’avoir reçu l’initiation artistique espérée, pour le malheureux profane, il ne ressort le plus souvent de nombreuses de ces expositions que platitude, provocation, esthétique du pas grand-chose pour ne pas dire du vide, le tout accompagné d’un discours abscons et fumeux censé expliquer l’œuvre.
Combien de textes ne voulant pas dire grand chose cet art nous fait-il subir, nous faisant regretter les vertus du silence méditatif dans lequel ne manque pas de nous plonger l’art accompli. Face à un cochon en porcelaine, un parterre de bonbons, un alignement de poubelles, une serviette hygiénique collée sur un mur, des compressions de tôle ou encore une voiture écrabouillée, la présence d’un discours explicatif malheureusement souvent, aussi hermétique que pompeux, devient effectivement indispensable.

Le discours à propos de tout et n’importe quoi tenant trop souvent lieu d’art, la charge émotionnelle et symbolique supposée voire inventée de l’ « œuvre » présentée, devient fondamentale et sans limite. Tout est dans tout, de quoi penser comme certains le disent que nous sommes tous des artistes, pourquoi pas !!! Sauf qu’il n’est certainement pas indispensable que tous, nous exposions nos états d’âme et reliques de grenier.

Art rebelle ou ploutocratie officielle

Se présentant à l’origine comme rebelle, l’art contemporain est devenu on ne peut plus officiel, et il n’est par exemple pas rare (soyons naïfs) qu’un artiste dénonçant les affres de notre société de consommation ne voit pas de limite au prix de ses œuvres et vende tout ce qu’il peut. Dans un marché où se retrouvent les gens les plus riches de la planète, les prix ne cessent d’augmenter, la spéculation bat son plein et la valeur des « œuvres » atteint des sommes aussi astronomiques qu’indécentes.
Art de la planète des milliardaires, l’art moderne devient un moyen d’identification sociale, désormais on achète de l’« art contemporain » pour faire de l’argent, ce qui fait dire à certains qu’à l’instar des banques en 2008, nous assistons là aussi, à la « titrisation du néant ». Des millions de dollars pour des animaux gonflables et autres poupées laissent rêveurs, mais finissent aussi par irriter.

Cependant ...

Alors que nombre d’expositions présentées dans les FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain) sont souvent fort loin de convaincre un large public. Entre ceux qui tiennent l’art contemporain pour uniformément nul et ceux qui s’extasient devant la charge conceptuelle d’un tas de gravier, il y’a tout un public qui essaie de s’y retrouver en faisant tant bien que mal le tri.
Ayant couvert pour la Gazette plusieurs expositions d’art contemporain présentées à l’Institut Bernard Magrez, j’y ai vu de nombreuses œuvres fort intéressantes, de quoi aborder le sujet avec mesure et tempérance.
Entre la modernité féconde et la "modernitude militante" de certains idéologues, il importe d’encourager la première et de dire aux idéologues qu’ils insupportent de plus en plus de gens.

Il serait tout simplement bien que certaines impostures et provocations cessent et que les élites auto proclamées goûtent un tout petit peu aux "joies et charmes de l’humilité". La démarche de l’Institut Bernard Magrez va dans ce sens là, espérons qu’elle fera école.

Ecrit par Dominique Mirassou


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