Indignation de nos élus aquitains : La « gauche morale » fait du zèle …

Quelles que soient les circonstances, le discours moralisateur de la gauche française, comme s’il était désormais inscrit dans son patrimoine génétique, ne manque pas d’adresser au peuple et aux électeurs, ses leçons diverses d’altruisme, d’antiracisme, de morale, etc …. et de s’indigner régulièrement de l’attitude tout à fait insupportable voire indigne de ses adversaires politiques.

L’exemple Aquitain

Brillamment réélu, Alain Rousset, désireux de ne plus parler de son adversaire, précise toutefois avec un ton calmement moralisateur : « Elle n’a pas mené une campagne digne, avec des attaques personnelles, ça ne me laisse pas de bons souvenirs ».

Gilles Savary, quant à lui, fait beaucoup plus fort, en s’indignant et déclarant « très sérieusement .... » que durant toute sa carrière politique, il n’avait jamais vu ça, et que Virginie Calmels s’était comportée durant la campagne électorale comme une véritable poissonnière (lesquelles apprécieront !...).

Faut-il rappeler aux vainqueurs, apparemment indignés par l’attitude de leur adversaire, qu’en utilisant pour la qualifier des termes tels : la « poissonnière », la candidate du « Show business » ou encore « Disneyland » etc ….., ils n’ont eux-mêmes guère côtoyé les sommets de la tempérance et de la dignité, et que le pouvoir de donner des leçons de morale tel qu’ils se l’arrogent, comporte lui aussi, quelques exigences.
L'intervention de Gilles Savary, présents aussi sur la photo : Pascal Lafargue, Philippe Dejean, Jean Robert et Alain Cazabonne
Le vainqueur a toujours raison

Les vainqueurs ayant toujours raison, cette morale à deux sous aura au moins eu le mérite d’amuser leurs fidèles supporters et de faire dire à un électeur de droite quelque peu excédé, qu’ils auraient bien mieux fait de s’indigner des débordements graves du « pizzaïolo d’Ile de France », histoire de rester dans le domaine alimentaire et de ne pas oublier de les inviter à balayer devant leur vitrine.

Quoi qu’il en soit, l’abstention autant que le vote FN ne peuvent que se nourrir de telles déclarations. Discrètement données ou pas, ces leçons de morale, à défaut de restaurer la dignité, côtoient sans aucun doute le ridicule et ne servent pas vraiment la démocratie, à moins de penser que ceux qui les assènent , détiennent la vérité, toute la vérité, ce qui est encore plus inquiétant !
Claude Bartolone - © photo Mathieu DelmestreUne spécialité de gauche

Alors que les joutes électorales engendrent de la part des impétrants de tous bords, inévitables dérapages verbaux, agressivité et exagérations en tout genre, la gauche française, demeure sans conteste, la spécialiste de la leçon de morale et de la distribution finale des brevets de dignité, faisant dire à certains commentateurs que : « la gauche morale est devenue le substitut de la religion. On a une religion des Droits de l’homme, de la démocratie … »

La gauche du discours sur les valeurs, les gens qui auto-satisfaits, font claquer leurs bretelles en disant qu’ils sont de bons démocrates, alors que comme le dit fort justement Régis Debray :

« La morale c’est quelque chose qu’on s’impose à soi-même, pas quelque chose que l’on fait aux autres ».

Persuadée qu’elle incarne le bien, ou du moins qu’elle l’incarne plus et mieux que les autres et qu’en dehors de son influence bienfaisante, moralité et dignité sont nécessairement en péril, la gauche française, ni plus exemplaire, ni plus convaincante que les autres partis, gagnerait à abandonner ses prétentions moralisatrices, tant cette posture à la lumière des faits, est devenue aussi peu crédible, qu’irritante. Des élus de bonne volonté, désireux de travailler pour le bien commun, suffisent à notre démocratie, laquelle n’a nul besoin de donneurs de leçons en tous genres ....

Ecrit par Dominique Mirassou


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