Faut-il noter Najat Vallaud-Belkacem ???

Entre la stigmatisation tout à fait exagérée de comportements sexistes plutôt marginaux et la suppression des notes à l’école afin d’éviter de traumatiser des enfants devenus décidément de plus en plus fragiles, notre nouvelle Ministre de l’éducation apte à priori à occuper tous les postes ministériels en fonction de la demande, ne manque pas de faire sensation !!!


Surtout pas de traumatisme !!!

Après avoir on ne peut plus naïvement déclaré, il y’a quelques mois, qu’il fallait « supprimer » la prostitution, notre polyvalente ministre, Najat Vallaud-Belkacem, ne s’est pas privée d’insister sur les comportements sexistes (comportements aussi marginaux que passagers et qui, dans tous les cas, ne sauraient être résolus par cet excès de stigmatisation) et de poursuivre son œuvre en s’attaquant aujourd’hui à la notation à la française, source, paraît-il, de mille maux !!!
L’intervention de spécialistes, tel Marcel Rufo, souligne qu’un zéro répétitif est traumatisant et que le traumatisme répété n’est pas bon pour l’équilibre psychique de l’élève. D’autres intellectuels du monde de l’enseignement affirment par ailleurs que l’évaluation par les notes se fait au détriment d’une évaluation « formative et bienveillante » qui donnerait des conseils à l’élève ; ils ajoutent qu’une mauvaise note a un effet décourageant.
Tout est dit : la fameuse ou parfois pas fameuse note est ainsi clairement désignée comme coupable de mille maux, ce dont il était temps que nous nous apercevions avant de continuer à traumatiser des générations entières ….

La note, source de tous les maux !!!

Il est cependant permis de constater que nombre de ceux qui parmi nous, pour ne pas dire tous, ont connu le traumatisme de la mauvaise note, n’en sont cependant pas morts et ont affronté par la suite les notes que la vie ne manque pas de distribuer avec un minimum fort utile de préparation et d’expérience voire d’un peu de force de caractère.
Quant à l’affirmation selon laquelle la notation ne permettrait pas une évaluation claire des compétences, une évaluation formative et bienveillante, elle postule que l’interprétation des notes, d’enseignant à élève n’a plus lieu et que la note est là pour « interdire » de préciser ce qui ne va pas, interdire d’identifier les domaines à approfondir ou à revoir, interdire d’encourager, de stimuler, bref interdire toute pédagogie, ce qui est absolument faux !!!
Alors que c’est à l’évidence, la manière de donner cette note, de l’interpréter, de la commenter, de parfois l’« asséner », d’en faire une sentence définitive qui peut être traumatisante, la suppression des notes ne fera que leurrer un peu plus des élèves qui comprendront plus tard à leurs dépends les véritables règles du jeu. Dans une société où chacun trouve de plus en plus difficilement sa place, la notation, sous quelque forme qu’elle soit, est bien sûr inéluctable.
Ce n’est certainement pas en se dotant d’évaluations à base de couleurs ou d’appréciations que l’on parviendra par ailleurs, à relever un niveau qui ne cesse de baisser, tant la maîtrise des apprentissages fondamentaux part à la dérive dans notre pays.

Vers un mode d’évaluation « hybride » et plus complexe

Contrairement à ce que certains affirment, l’école publique ne vient pas au secours des élèves les plus défavorisés en supprimant les notes, loin de là. Cette réforme aussi démagogique qu’angélique, en cassant le thermomètre, ne risque en effet que d’accentuer notre décrochage par rapport à de nombreux pays en matière d’éducation. Encore un bel exemple de tyrannie des minorités, fragiles ou soi-disant fragiles, conduisant au refus d’affronter la réalité en face, et à la fragilisation de tous.
Nul doute que personne ne trouvera son compte avec cette réforme, y compris le niveau de notre enseignement, d’autant plus qu’il semble que nous nous dirigions vers un système d’évaluation hybride, plus complexe que par le passé !!!
Le goût de l’effort et son contrôle étant devenus pour nombre de nos « têtes pensantes » une valeur hautement réactionnaire, les avis ne manquent pas d’être divers et variés face aux réformes idéologiques de notre ministre. Nul doute cependant que dans ce domaine, sans aucun commentaire, l’addition clairement chiffrée des bonnes et moins bonnes appréciations, finit toujours par se retrouver dans les urnes.

Crédit photo © Julien PAISLEY

Ecrit par Dominique Mirassou


Recherche

Nous suivre

Vous pouvez nous suivre sur les différents réseaux sociaux ci-dessous!


Newsletter!

Recevez directement le nouvelles actualités de Bordeaux Gazette.