Europe et crise grecque : multiples dysfonctionnements …

Une crise grecque qui dure depuis plus de cinq ans, des débats et commentaires sans fin, des omissions, de la corruption, de la fraude, beaucoup d’amnésie, des commissaires européens peu regardants et, pour couronner le tout, un premier ministre grec au parcours politique on ne peut plus incohérent : de quoi inquiéter tous les européens, tant en ce qui concerne la gestion de la Grèce que celle de l’Union Européenne.

Un très mauvais départ

Qui peut aujourd’hui nous expliquer comment en 2001 la Commission européenne a pu donner le feu vert à l’entrée de la Grèce au sein de l’Union, alors que l’ensemble des comptes fournis étaient on ne peut plus faux ?
Paresse des commissaires, incompétence, pressions politiques du Conseil visant à faire rentrer la Grèce les yeux fermés ? Que dire des milieux d’affaires qui ont permis au gouvernement grec de l’époque de pratiquer cet inqualifiable maquillage. Des gens ont-ils été inquiétés pour cette immense escroquerie ?
Pire encore, lorsqu’on constate que les « cerveaux de la BCE » n’ont pas alerté la commission en ce qui concerne la gestion catastrophique du gouvernement grec, la baisse continue de la compétitivité des entreprises grecques, le mésusage du gavage de prêts consentis sans aucune amélioration de l’économie grecque, si ce n’est la construction d’autoroutes inutiles, l’inflation de fonctionnaires dont les salaires ont augmenté de 120% sur la période etc ….
Après un déplacement de la dette grecque des banques privées vers les institutions publiques afin d’éviter des faillites bancaires en cascade, le passage trop tardif et trop brutal à l’austérité avec la chute du PIB grec, confirme que la Grèce de plus en plus pauvre n’est pas en mesure de faire face aux échéances de sa dette.
Cette entrée bâclée de la Grèce dans l’Union Européenne, quelles que soient les raisons, historiques ou géopolitiques qui y ont présidé, ne justifie ni l’inflation de prêts, ni l’absence de tout contrôle concernant la pertinence et l’efficacité des investissements qu’il était alors urgent et nécessaire de mettre en place.
La dette grecque ne sera jamais remboursée, même s’il semble de bon goût d’y croire.

Le premier ministre grec

Vanté et admiré par les membres souvent en délire de la gauche de la gauche dont certains ont célébré Staline, Mao et autre Castro, Alexis Tsipras soutenu aussi par la droite de la droite, nous présente son pays comme victime de l’Europe, alors que c’est à ses dirigeants successifs, de droite et de gauche qu’il doit l’essentiel du pillage de son économie. Sous les vivats des révolutionnaires confirmés et en herbe, il semble cependant, à l’heure où nous écrivons, déjà prêt, après avoir fait appel à la souveraineté populaire, à renier les résultats des urnes, laissant pantois bon nombre de ses admirateurs enfiévrés.
Le débat tronqué sur l’austérité repris en cœur par tous ceux qui pensent être les seuls à « compatir avec les plus pauvres », (il n’y en a pas qu’en Grèce), devrait aussi préciser que dans un pays où l’impôt et la TVA sont fort mal levés, où la retraite à 50 ans concerne de très nombreuses professions, où le cash est une institution, où l’administration est pléthorique, il sera toujours très difficile pour ne pas dire impossible d’arriver à l’équilibre des comptes.
Pas sûr, après les piètres performances initiales des commissaires européens dans cette affaire grecque que la confusion idéologique suscitée par un Alexis Tsipras allié avec divers extrémismes et adepte du paiement des fonctionnaires grecs par une forme de mutualisation européenne soit susceptible d’améliorer le sort des grecs les plus pauvres et de remettre le pays sur les rails.
Quelle que soit la décision prise dimanche, il restera sans nul doute beaucoup de pain sur la planche …

Ecrit par Dominique Mirassou


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