Emigrés : Quand l’émotion guide la politique ….

Quand les opinions varient au gré de la stimulation des affects, avec notamment la publication de photos illustrant, on ne peut plus explicitement, l’insoutenable horreur d’une catastrophe humanitaire, la compassion désordonnée qui en découle ne fait que souligner la tyrannie soudaine de l’émotion ainsi que notre habituelle confortable indifférence et nos récurrents troubles de la mémoire

Un réveil bien tardif

L’engouement médiatique autour d’une si sordide situation fait naître une indignation bien tardive, car des enfants victimes des conflits qui ensanglantent le monde arabo-musulman, il y en a depuis longtemps des dizaines de milliers, assassinés, exploités par de sinistres passeurs, et très souvent retrouvés noyés au large de Lampedusa ou d’ailleurs.

Combien d’horreurs, de décapitations, de lapidations, avant que l’opinion ne s’émeuve ?
© photo Gustave Deghilage
Ce déluge compassionnel peu soucieux de responsabilité et d’analyse nous conduit immanquablement à un manichéisme tout à fait ridicule, avec d’un côté les bons, les généreux, qui veulent bien accueillir tout le monde, sauf peut-être chez eux, et les cyniques, les mauvais, qui demandent à réfléchir.

Mieux vaut alors pour beaucoup, aller dans le sens de l’opinion générale, se montrer ou plutôt se déclarer profondément humain, proposer certainement plus que ce que nous pourrons tenir et vilipender « les égoïstes qui refusent cette bienveillante agitation. L’inconscient collectif, les raisons du cœur, la compassion sont alors subitement sans limite.

Les devoirs d’un Etat

Si à titre individuel, il est évident que tout être humain digne de ce nom estime et ressent que compassion et aides doivent être parfois sans limites, un Etat et bien sûr ses dirigeants, ne sont pas là pour faire prévaloir les seules raisons du cœur. Le caractère souvent infantile, capricieux et pas nécessairement toujours cohérent des grands et subits mouvements de l’opinion ne sauraient guider sans aucune réflexion les actions de notre pays, même s’il est évident qu’il importe dans une si dramatique situation de participer à l’indispensable effort d’aide humanitaire et d’accueil.

Les craintes manifestées par nombre de nos compatriotes d’un arrivage massif de migrants, sont-elles inadmissibles ?

Tous les réfugiés sont-ils justiciables du droit d’asile ? Avons-nous les moyens de faire la distinction ?
Bernard Cazeneuve (© Photo Mathieu Delmestre : Solfé Communications)
Jusqu’à quel nombre d’émigrés pouvons-nous aller, si nous voulons leur fournir plus qu’un toit ?

L’émotion, la compassion ne déterminent pas une politique, pas plus d’ailleurs que les grandes résolutions prises çà et là dans un apparent grand élan de concorde nationale. Les lendemains de grands soirs n’étant pas toujours très féconds, il serait bon de ne pas oublier que si, dans la vie, rien ne se fait sans passion, les plus grandes choses ont toujours été réalisées par des hommes qui savaient maîtriser leurs passions.

Soyons hospitaliers mais aussi et surtout, responsables, tant vis-à-vis de ceux que nous accueillons que de nos compatriotes qui souffrent et sont en droit de se poser des questions….

© photo Une Irish Defence Forces

Ecrit par Dominique Mirassou


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