Dossier Survie : Histoire d’un naufrage



Publié le 30 septembre 2015 à 14:13

Actualité

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Depuis les années 2000, quelques jeux de survie “île déserte” ont marqué les esprits, pour des raisons souvent variées. Aujourd’hui, nous allons parler de Lost In Blue, une production Konami qui a traumatisé nombre de joueurs.


Grand amoureux du film « Seul au Monde », vous vous réveillez donc un matin avec l’idée de commencer vous aussi une petite aventure solitaire sur une île déserte. Vous imaginez déjà construire votre cabane, ramasser des crabes et faire pousser des graines : la vie sauvage vous appelle. Malheureusement, dans le monde vidéo ludique, ce genre que l’on nomme survival est mal représenté lorsque l’on recherche uniquement de la survie sur île déserte. Il existe par contre en effet nombre de jeux vidéo proposant une expérience de survie en milieu zombie, souvent post-apocalyptique : Day Z, 7 Days to Die, H1Z1... mais qui se rapprochent souvent du survival horror*, du FPS* ou du jeu de création pure comme Minecraft. Consacrons ce premier article du dossier Survie à une licence inoubliable une fois essayée, malheureusement pour de mauvaises raisons : Lost In Blue du studio Konami.
Des débuts déjà compliqués
Sorti en 2005 sur Nintendo DS, Lost In Blue premier du nom ne vaut pas vraiment le détour, même s’il garde le mérite d’être l’un des premiers jeux de survie pure, après Wilderness : A Survival Adventure et Robinson’s Requiem, tous deux datant d’avant 2000. Échoué sur une île déserte en compagnie d’une étudiante qui se trouvait sur le même bateau que vous, le but dans Lost In Blue est simple : survivre en essayant de s’échapper. Redondant et souffrant d’importants problèmes d’incohérences, le jeu n’est pas mauvais mais particulièrement limité, que ce soit dans ses activités ou ses dialogues. On peut aussi noter la difficulté du jeu due aux barres de besoin mal dosées, qui feront régulièrement mourir de soif nos deux protégés cinq minutes après leur avoir donné une bouteille d’eau.
Arrive alors Lost In Blue 2 en 2007, le plus représentatif de la licence, qui garde la même histoire et la plupart des mécanismes du premier : le naufrage commence alors vraiment. D’un point de vue général, ce deuxième opus peut être considéré comme un jeu décourageant en plus d’être particulièrement difficile. Le système de gestion des personnages est déjà assez lourd : vous ne pouvez contrôler qu’un seul des deux, que vous choisissez dès le début, l’autre restant dans la grotte toute la journée, incapable de se déplacer sans vous, ne serais ce que pour aller boire au ruisseau d’à-côté. En revanche, le titre nous offre cette fois la possibilité de choisir le sexe de notre protégé principal, innovation par rapport au premier du nom.
Malheureusement, cette bonne nouvelle n’en est pas vraiment une, le personnage d’Amy étant bien plus limité dans ses actions que celui de Jack. Il n’est par exemple pas possible pour elle de grimper certains reliefs considérés comme “trop hauts” et les joueurs finissent souvent par recommencer une partie en choisissant son homologue masculin. Pour résumer l’expérience de jeu, Amy passe donc dans la plupart des cas la partie à tresser des paniers dans la grotte, pendant que Jack explore le monde en tentant de chasser des biches qui ne se laissent jamais attraper.

Un jeu qui n’arrive pas à compenser ses défauts
Lost In Blue 2 peut également être désespérant pour le joueur au niveau des relations entre les personnages : disons les choses comme elles sont, Amy a un sale caractère. Il est possible de la prévenir le matin de la durée de votre sortie, mais elle vous en voudra quand même une fois sur deux lorsque vous rentrerez et ne vous parlera plus de la soirée, persuadée que vous avez été trop long à revenir. Jack peut toujours lui offrir des colliers de coquillages polis pour tenter de la reconquérir, la jeune fille reste néanmoins capricieuse, souvent désagréable et complètement inutile. Lost In Blue 2 comporte tout de même de rares points positifs, comme les passages de réflexion disséminés au fil de l’aventure ou les actions au stylet exploitant au mieux l’écran tactile de la DS, tout en restant encore une fois répétitives.
Tous ces défauts auraient pu être compensés dans le coeur des joueurs par la rareté du genre « survie sur île déserte », mais il n’en est rien. En effet, si Lost In Blue 2 en particulier mérite son appellation d’île du désespoir, ce n’est pas pour son contenu pourtant déjà mauvais mais pour sa fin. Plusieurs façons de quitter l’île sont possibles, pourtant le destin de vos personnages sera souvent la mort si vous ne vous servez pas des guides spécialement conçus par d’autres joueurs pour réussir à rejoindre la civilisation. Pour n’en citer qu’une et laisser ainsi la surprise aux plus courageux d’entre nous, la fin qui consiste à partir en radeau pour rejoindre un bateau a passablement traumatisé les joueurs. En effet, après un long moment passé à construire votre embarcation rondins par rondins, le jeu peut se terminer d’un seul coup sur une scène avec Amy et Jack qui meurent, perdus en mer, car “ils ont mis trop de temps à partir de l’île et n’ont plus de provisions”. Le “Game Over” qui s’ensuit est souvent difficile à vivre après cinquante heures de jeu, même pour les joueurs les plus aguerris.

Une licence qui insiste sans résultats
Précisons tout de même que le studio Konami a pris la décision de nous renvoyer sur la même île en 2008 avec Lost In Blue 3 ce qui s’est révélé être une des pires idées qu’il n’ait jamais eu : le troisième opus a le mérite d’être encore moins agréable à jouer que les précédents, ce qui était déjà compliqué, en nous rajoutant deux autres survivants insupportables à nourrir. Inutile de préciser que ces derniers ne peuvent toujours pas se déplacer d’eux-mêmes, et que la vitesse à laquelle les barres de besoin se vident rend Lost In Blue 3 injouable. Les joueurs étaient cependant cette fois prévenus et la plupart d’entre eux ont eu la présence d’esprit de ne même pas tester ce jeu qui conclue heureusement la trilogie DS... Mais se poursuit malheureusement sur Wii en 2009. Konami a en effet décidé d’achever les derniers joueurs avec Lost In Blue Shipwrecked. Les joueurs espéraient que le passage à la Wii améliore les choses, mais apparemment Konami a décidé de ne pas apprendre de ses erreurs. Le studio nous catapulte donc pour la dernière fois sur une île : les graphismes sont évidemment meilleurs que sur DS mais restent mauvais et le gameplay n’a pas évolué. Ce dernier opus conclue heureusement ce naufrage, qui restera gravé dans la mémoire de tous les joueurs sous la forme d’un souvenir de vif désespoir et de frustration intense.
*Survival horror : sous genre de jeu d’action-aventure inspiré des films d’horreurs
*FPS : First Personnal Shooter, jeu de tir à la première personne.


Cécile Pennarun


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