Débat autour de « The Program » au Gaumont Talence Universités



Publié le 18 septembre 2015 à 12:51

Cinéma & Spectacles

A l’occasion de la sortie du film « The Program » le Gaumont Talence Universités a organisé un débat sur le « doping » avec en vedette Christophe Bassons et Serge Simon. Tout ce qui a été dit a passionné l’auditoire dans les rangs desquels des représentants du Comité Olympique Girondin étaient présents ainsi que de nombreux anciens sportifs de haut niveau.


Ce qu’on peut retenir du film.

La chronologie de l’histoire et les comportements des protagonistes sont scrupuleusement respectés et ce n’est pas, à proprement parlé, un biopic car il n’y a rien sur Amstrong avant le vélo qui pourrait éclairer le profil du personnage. C’est plus la chronique d’une déchéance prévisible dans la mesure où, nombreux étaient les doutes qui entouraient les performances de Lance Amstrong dès sa première victoire en 1999. Après l’épisode Festina en 1998, l’US Postal a voulu s’ériger en équipe propre mais il ne s’agissait que d’une façade et d’un système discret bien rodé avec ses poches de sang et de liquide physiologique selon les circonstances. On peut faire la lecture suivante du film, qui est d’essence très américaine avec le bon journaliste, la brute cycliste et le truand de directeur sportif mais il y a un petit mais car dans la brute il y a du bon Docteur Jekyll et du Mister Hyde. Comment interpréter son engagement dans la lutte contre le cancer avec sa compassion pour les malades et le passage au chef de file assoiffé de victoires, implacable avec ses coéquipiers. Il faut quand même relevé qu’il a tenu la maladie en échec et qu’il l’a totalement surpassé car sa première victoire d’étape en solitaire remontait à l’étape Montpon-Ménestérol Limoges (1995) sous le règne d’Indurain, étape qu’il avait dédié à Fabio Casartelli décédé quelques jours auparavant dans les Pyrénées avant que son cancer ne soit diagnostiqué quelques mois plus tard. Après un trou de quatre ans en 1999, il revient et gagne son premier tour de France, mais on ne sait pas ce qui s’est passé durant cette époque ou il était en traitement. On n’a jamais trop cherché à savoir ce qui lui avait permis de surpasser son cancer et même si on utilise l’érythropoïétine (EPO) dans la lutte contre le cancer aujourd’hui, on n’a jamais trop poussé les investigations dans ce sens, peut être parce que le produit est trop coûteux. A regarder le film on est en droit de penser que dans le cyclisme tout le monde se dope, bien sur plus ou moins ou alors d’une manière plus ou moins scientifique.
Maroussia Paré
Le débat

Ce sont retrouvés face au public Serge Simon, Christophe Bassons, Maroussia Paré et Antoine Lavabre, médecin et Vice-présidenr du CODS Aquitaine, le régulateur étant Mr Balesdens. Dans la salle quelques personnalités comme Yves Apriou et quelques anciens sportifs de haut niveau comme Thierry Zocca ou des animateurs ou des policiers concernés par le dopage. La vedette de la soirée a été sans conteste Christophe Bassons qui a quand même toujours beaucoup de choses à dire et particulièrement sur le film dans lequel il n’aime pas du tout son personnage mais il trouve Ben Foster très bon et particulièrement dans son regard. Autre poids lourd présent Serge Simon médecin et ancien rugbyman ainsi qu’animateur sur RMC des Grandes Gueules du Sport le samedi matin. Christophe Bassons précise que l’image que donne le film du comportement des équipes en 98/99 n’est pas exagéré car il faut se rappeler qu’il a fait partie de l’équipe Festina en 1998. Il précise « à cette époque mon compagnon préféré c’était la musette de ravitaillement » et il reprend «  les portes s’ouvrent dans tous les sens, il n’y a plus de morale et la déviance devient la norme » en faisant allusion au défilé « des filles » et à la course au fric d’autant que les journalistes se montrent complices mais c’est la loi du silence qui règne. Il a eu aussi des mots assez durs à l’égard d’un ancien cycliste qui sévit sur France 2 selon sa formule. Pour Serge Simon quand on rentre dans un milieu il y a un comportement d’intégration et il site volontiers la culture de l’alcool chez les journalistes. Il rappelle la capacité normative des sports qui chacun ont leur modèle et un socle de culture avec des éléments positifs et négatifs. Maroussia Paré pour sa part pense que si on se dope on n’est pas soi même et que l’image qu’on donne est fausse. En se plaçant purement sur le plan de la santé, faire du sport de haut niveau n’est pas spécialement bon pour la santé. Le dopage et la consommation de tabac n’ont rien à voir car on n’est pas sur le même plan. Pour Christophe Bassons si on se dope c’est sous la pression de l’environnement proche qui souhaite la performance, sans oublier que la notion de produits interdits est apparu à la fin des années cinquante, avant on pouvait bien prendre ce que l’on voulait quand ce n’était pas les organisateurs qui procédaient à la distribution.

Peut-on conclure ?

Dans le cadre du cyclisme il apparaît bien que l’UCI a laissé faire et n’a pas voulu savoir car le cyclisme avait besoin d’un champion XXL pour se refaire une image après la douloureuse affaire Festina. On peut aussi avancer que le dopage tue très rarement directement comme dans l’affaire Simpson, mais le plus souvent il tue parce que les gens qui se sont fait prendre sont mis à l’index et que la dépression et la déchéance font le lit du suicide. Au regard du film, il semblerait que ce soit le lâchage de Floyd Landis par Lance Amstrong quand Flyod a voulu reprendre la compétition au côté de son ancien patron qui ait entraîné sa perte mais rien n’est vraiment sur sinon que ses anciens coéquipiers ont craqué. Il est assez évident que sa boulimie de succès a été à l’origine de sa perte car s’il ne revient pas en 2009 tout « passe à l’as » accréditant qu’on est toujours puni par là où on pêche. Pour l’instant c’est le cyclisme et l’athlétisme qui sont dans le collimateur mais on a bien du mal à définir ce qu’est le dopage comme l’a fait remarquer Serge Simon car on ne connait seulement que des pratiques dopantes. Par contre aussi bien pour Serge Simon que pour Christophe Bassons la lumière ne peut se faire qu’à travers des enquêtes de police car dans le cas Amstrong c’est l’USADA (US Anti-doping Agency) qui l’a fait tomber en employant des méthodes policières démontrant en cela que les fédérations restent impuissantes à faire la police d’autant que la prévention s’appuyant sur la peur n’a aucun effet.

The ProgramThe Program
Réalisé par Stephen Frears
Avec Ben Foster, Chris O’Dowd, Guillaume Canet
Genre Biopic , Drame
Nationalité Britannique , français


Bernard Lamarque


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