Coups de gueule en chantant : rencontre avec Thomas Boulard

Courant novembre, le groupe Luke se produisait à Darwin. Bordeaux Gazette a interviewé Thomas Boulard, le chanteur originaire de Bordeaux et compositeur de ce groupe de rock engagé.

Leur nouvel album Pornographie est sorti le 9 octobre. Le nom est provocateur, tout comme les paroles prononcées par l’auteur. L’engagement sociétal est au cœur du travail de Thomas.B. Il évoque une « responsabilité morale » et « essaie de parler pour les plus modestes ». Il semble ne pas comprendre « ces artistes qui ne disent rien ». Thomas.B a une dure vision du monde. Pour lui la violence et la guerre sont partout ; si la France n’est pas en guerre sur son territoire elle est quand même en « guerre économique ». Le 1er clip de l’album : C’est la guerre insiste sur cette thématique. Dans la vidéo on aperçoit une « succession d’images poubelles » d’archives représentant des militaires en train de danser. Le contraste entre le côté joyeux des danse et la violence de l’univers de la guerre et des paroles est frappant. Je lui demande : « pourquoi ce choix ? » Sa réponse est cinglante : « d’abord à un artiste on demande toujours « pourquoi pas ? » et pas « pourquoi ? ». » Puis, il reprend : « on vit dans un monde où on multiplie les images indécentes, on mélange quasiment tout. Tout est mis au même niveau. C’est grinçant, c’est horrible, mais il faut le montrer. »

« Guerre », « capitalisme dégénéré », « situations sociale et économique dramatiques », « monde rigide » : comme dans les paroles de ses chansons, Thomas.B dresse un portrait effrayant de la société au cours de l’interview. Je tente de savoir ce qui lui plaît. « La vie est belle mais l’époque est de merde. Il faut faire attention parce que la frontière entre les deux et devenue vraiment maigre. » Ses réponses sont sèches. Non il n’a pas d’anecdote, son « travail (se) suffit à lui-même ». Non, il n’a rien à ajouter à l’interview, ce n’est pas son travail de faire les questions. Il est bordelais d’origine mais ne se sent pas bordelais. Il vit à Paris mais s’y « sent toujours un peu plouc ». Il se définit plutôt comme « un homme du Sud-Ouest » qui essaie d’ « utiliser la liberté de parole à bon escient ». « Ce qui se vend le plus en musique, ce n’est pas de la musique. » Thomas.B le sait, tout le monde n’est pas prêt à entendre ses chansons. Il s’en fiche, il a accompli sa mission : chanter pour faire réagir, pour secouer l’opinion.

Ecrit par Marie Verger


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