Ces populistes qui ne comprennent rien !!!

Alors qu’élections après élections, le Front National ne cesse de progresser, PS et UMP, déjà minés par leurs divisions internes, ne proposent pas un discours très audible vis-à-vis de la poussée frontiste. Le silence embarrassé et beaucoup plus souvent, l’ostracisme, la déconsidération, l’intolérance absolue vis à vis de tous ces « populistes », comme il est de bon ton de les qualifier, la lutte par le mépris et la disqualification de l’expression politique d’un peuple « sot et inculte », n’est pas la meilleure réponse souhaitable de la part d’une démocratie sereine, solide et respectueuse.


Le populisme en question

A l’origine le populisme ne comportait aucune connotation péjorative. Depuis la fin du siècle dernier une importante partie du « peuple » pense avec quelque inquiétude que la mondialisation, le libéralisme des mœurs et le cosmopolitisme vont trop loin alors que les « élites » ou du moins les partisans de l’émancipation issue des lumières ont une forte tendance à considérer que leur pensée représente le « Bien absolu » et que ceux qui ne pensent pas ainsi sont des ânes qui n’ont rien compris.
« L’élite » ainsi interpellée ne semble capable que de répondre par la déconsidération et s’abstient d’argumenter contre cet ennemi idéologique tout à fait infréquentable. Mépris réservé soi-disant aux seuls dirigeants frontistes alors que leurs électeurs, qu’il importe de ménager, restent malgré tout considérés comme juste assez bêtes si ce n’est assez idiots pour se laisser abuser.

La déconsidération

Soucieuse d’enracinement et jugeant que la mondialisation est allée trop loin, cette population inquiète, craignant de plus en plus clairement de devoir rester sur le bord de la route, ne fait cependant que traduire la nécessité pour nos sociétés de trouver le point d’équilibre entre souci d’enracinement et pensée de l’émancipation. Aussi, voir dans ce populisme, un ennemi de la démocratie auquel il ne faut plus s’adresser est une attitude qui ne fait qu’amplifier son essor et confine à un mépris facile et tout à fait stérile qui est en train de devenir fort préjudiciable à la cohésion et à la gouvernance de notre pays.
Incapables d’expliquer et d’affirmer des convictions claires, de démonter avec précision les propositions « populistes », l’UMP se livre pour sa part à une guerre des chefs, avec déclarations creuses et approximatives, considérations stratégiques confuses, postures démagogiques et opportunistes, là où il importe avant tout d’être prudent et où ceux qui ont le courage de faire preuve de clarté et de fermeté ne font que soulever des hauts cris de réprobation, la chasse aux voix préoccupe et paralyse la pensée de la plupart des prétendants déclarés ou pas. Entre opposition claire et tentation de flirt plus ou moins consenti avec le FN, l’UMP risque de finir par souffrir des conséquences d’un grand écart pouvant s’avérer déchirant.

Des élites bien pâles

Après avoir en grande partie perdu l’adhésion du peuple, nos partis de gouvernement présent et passé n’affichent guère de différence idéologique claire, pas plus que de convictions susceptibles d’entrainer une mobilisation forte et une véritable adhésion populaire. A la démocratie qui est confrontation des idées se substitue un endormissement de la pensée politique et un mépris absolu pour ce que nos « élites » qualifient de populistes, populistes qui seraient par essence stupides et anti-démocrates, comme s’il existait un mauvais peuple, incapable de penser et dont les préoccupations seraient sans aucun intérêt.
Immense échec démocratique dès lors qu’une élite repousse l’idée de tenir compte de l’expression populaire lorsque celle-ci la remet ouvertement en cause. Oubli fâcheux des paroles de Laurent Fabius déclarant il y’a plusieurs années que si le Front National n’avait pas les bonnes réponses, il posait néanmoins de bonnes questions. Et s’il est évident pour beaucoup que l’arrivée du parti mariniste au pouvoir ne ferait qu’aggraver les problèmes du pays, les sentiments vis à vis du PS et de l’UMP ne sont guère brillants.
De quoi désespérer de l’enthousiasme béat de ceux qui déclarent pour mieux s’en persuader, que la France triomphe lorsque les républicains se rassemblent et livrent bataille. Un peu de lucidité pour analyser correctement les résultats des dernières élections dans le Doubs ne serait pas un luxe, histoire de réveiller avant qu’il ne soit trop tard, les autistes qui pullulent dans nos grands partis.

Ecrit par Dominique Mirassou


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