Bruxelles met la France dans les choux



Publié le 8 mai 2014 à 22:01

Point de vue


Combien il doit être difficile pour des candidats sérieux (oui, il y en a !) aux européennes de convaincre les électrices et les électeurs de la nécessité d’aller voter ! C’est mission impossible dans la mesure où la perception médiatique qu’ils peuvent avoir de ce « machin » devient négative au fil des jours. Quand les peuples veulent parler « quotidien » les « juges » économiques de la commission lancent des graphiques, des pourcentages, des prévisions totalement abscons pour le commun des mortels. Le PIB, le taux de croissance, les capacités de remboursements des emprunts, les courbes du chômage… ne passionnent personne d’autant qu’inconsciemment beaucoup des cocus du suffrage universel ayant voté NON au Traité institutionnelle européen avait par conviction ou intuition annoncé la catastrophe ambiante. Il en existe même qui se souviennent que le Président de la République actuel et le Premier Ministre actuel avaient ardemment défendu cette Europe de l’inégalité sociale bénéficiaire au monde des profits et que donc ce n’est que le retour du bâton. L’Europe est vécue comme coercitive, frileuse, destructrice et jamais positive, constructive, offensive sur le plan matériel alors qu’elles est préservatrice sur le plan humain. Et aujourd’hui une nouvelle couche à quelques encablures du 25 mai n’a pas arrangé les affaires. Bruxelles vient d’ordonner la marche à suivre aux politiques dans les pays membres. Les censeurs, non responsables eux devant le peuple, ne s’ingèrent pas dans les décisions mais ils posent les critères de jugement ! La Commission européenne doute ainsi ouvertement toujours que la France ramènera son déficit à 3% en 2015, malgré le plan de rigueur annoncé par le gouvernement de Manuel Valls et même si Bruxelles se montre plus optimiste que lors de ses prévisions précédentes. A quoi a donc servi le vote de l’Assemblée nationale ? Il valait mieux que Michel Sapin aille directement faire voter la commission européenne afin qu’elle lui accorde son soutien. La suppression des conseils généraux ne paraît pas suffisant
Dans ses dernières prévisions, l’exécutif européen table sur un déficit public de 3,4% pour la France l’année prochaine. C’est mieux qu’en février, quand elle prévoyait encore un déficit de 3,9%, mais encore loin de l’objectif de 3% brandi par le gouvernement. Mais dans le fond quel est le problème pour l’électeur déjà peu motivé… Il n’avait déjà pas trop envie d’aller aux urnes et maintenant qu’il apprend que Bruxelles en veut encore plus, sa motivation va croître pour voter FN ! Et pourtant si les enjeux étaient compris et admis, il se précipiterait pour soutenir les listes socialistes et permettre à Martin Schultz de démontrer qu’ils est plus socialiste que les gouvernants français qui se montrent confiants. Pour eux l’analyse de la Commission ne s’est fondée que sur une partie des annonces de Manuel Valls, notamment le plan de rigueur de 50 milliards d’euros, avec pour mesure-clé le pacte de responsabilité proposé aux entreprises pour stimuler l’emploi n’est pas encore le maximum possible. Pour que tout aille mieux il faut supprimer tous les services publics, détruire les outils de lien social, abandonner les ferments associatifs de la citoyenneté et transformer le monde en gigantesque marché ! Place aux consommateurs acteurs de la croissance, payeurs de tout au prix de la concurrence libre et non faussée permettant une augmentation exponentielle des profits ! Finie la crise puisque les impôts seraient transformés en taxes (la TVA reprendrait des couleurs) et le consommateur et le contribuable marcheraient la main dans la main. Une Europe parfaite qui étalerait ses chiffres, ses ratios devant une foule ébahie de l’efficacité politique de ces commissaires dont ils ignorent le nom mais qui ont obtenu un job peinard de censeurs. Comment expliquer cette dure réalité aux ouvriers dans l’angoisse, aux étudiants sans horizon, aux fonctionnaires territoriaux promis à la casse, aux responsables associatifs condamnés à tirer le rideau sous prétexte que l’Europe n’a jamais eu de ligne politique ! Et c’est justement la raison pour laquelle il est crucial de penser à aller voter pour une autre vision de l’Europe mais c’est pas gagné ! Loin s’en faut..


Jean-Marie Darmian


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