Bordeaux à l’heure de la "Terreur" !!!



Publié le 16 janvier 2015 à 10:14

Culture

A peine quelques semaines avant l’exécution des députés girondins et la fin du girondisme, alors que la ville de Bordeaux essaie sans grand succès de rester en dehors des excès liés aux événements révolutionnaires, les commissaires du peuple vont devenir les maîtres absolus de notre Cité, la guillotine va reprendre du service et la « Terreur » régner sur la ville.



Les commissaires du peuple

Après avoir déversé sur Bordeaux deux millions de piastres, destinés à transformer les indigents en « loyaux Montagnards », la Convention envoie dès le 20 Mars 1793 des commissaires pour stimuler « l’esprit public ». Ils renforcent leur propagande en dénonçant les riches négociants qui causent la famine par leurs spéculations. Le 5 septembre, le Maire François-Armand Saige demande une « paix publique ». Mais le 18 Septembre, les sections favorables à la Convention nomment une Commission militaire pour remplacer la municipalité en place.
Les commissaires du peuple agissent et signent au nom de la Convention en tant que « représentants du peuple ». Le premier article du premier arrêté stipule que « le gouvernement de la ville est provisoirement militaire et exercé sous la surveillance directe et immédiate des représentants du peuple ». Aussitôt les arrestations commencent et le Fort du Hâ regorge de prisonniers. Les commissaires disposent d’un pouvoir absolu et font régner un totalitarisme à la fois militaire, civil et religieux.
Le 17 Octobre, quatre représentants en mission, dont Tallien et Ysabeau entrent dans la ville avec une armée révolutionnaire « pour faire tomber les têtes des meneurs et saigner la bourse des riches égoïstes ». La Terreur met en place une commission militaire qui tient lieu de tribunal révolutionnaire présidé par Jean-Baptiste Lacombe, un ancien instituteur toulousain.
L'exécution des Girondins
Les premières exécutions

Les suspects sont traqués et jugés, les nombreux condamnés à mort sont guillotinés sur la place Nationale (la Place Gambetta actuelle) à partir du 23 Octobre : parmi les premières victimes, Armand de Saige, maire de Bordeaux ….
Parallèlement, s’impose la « régénération républicaine », avec port obligatoire de la cocarde tricolore, mise en usage d’un nouveau calendrier, nouvelles appellations des rues et places, la place Royale devient place de la Liberté, le cours d’Albret devient cours Messidor ….. Le département de Gironde perd son nom pour celui de Bec d’Ambès. L’église Notre- Dame est transformée en « Temple de la raison » et les pâtissiers sommés de transformer leurs gâteaux des rois en galettes de la liberté, sous peine de poursuites. Fêtes de la Souveraineté du peuple, fêtes de la Jeunesse, fêtes de la Reconnaissance se multiplient.
Guadet
Marc-Antoine Jullien l’âme damnée de Robespierre

Alors qu’au début de 1794 la « Terreur » semble s’adoucir, certainement sous l’influence de la belle Thérésia Cabarrus, amante de Tallien, qui opère de nombreux sauvetages, souvent contre des rouleaux d’or. Les événements vont s’accélérer avec l’arrivée de Marc-Antoine Jullien, l’âme damnée de Robespierre. Selon lui, la ville est corrompue, livrée aux intrigues et il entend y mener une « épuration active ».
Il fait pourchasser les Girondins proscrits qui avaient pu se réfugier dans les environs de St Emilion. Guadet et les siens sont arrêtés et guillotinés à Bordeaux. Buzet et Pétion, réfugiés dans les bois, épuisés, se suicident près de Castillon pour échapper à la guillotine. En deux mois, Jullien fait monter sur l’échafaud deux cents personnes. Il envisage ainsi de faire construire une vaste guillotine à quatre lames pour des exécutions plus rapides !!!
Malgré bon nombre d’arrangements, certains négociants réussissant à monnayer leur libération, la « Terreur » à Bordeaux aura fait en neuf mois, trois cent deux victimes, avec comme dernière victime, Lacombe lui-même, exécuté le 14 Août 1794, après la chute de Robespierre.
Abraham Furtado nous donne par son récit de l’exécution du maire François-Armand Saige une idée plus précise de cette cruelle période :
« Les bourreaux le saisirent. Il fut dépouillé, enchainé et conduit au supplice sous les applaudissements d’une populace de cannibales qui alla se repaître du spectacle de sa mort. La Terreur qui était jusqu’alors très grande, devint plus profonde encore …La douleur errait sans voix et sans larmes … Il fallait attendre que l’orage affreux suspendu sur cette ville infortunée eût vomi toute sa rage  ».

Sources : Histoire des Maires de Bordeaux Dossiers d’Aquitaine
Histoire de Bordeaux Madeleine Lassère Editions Sud-Ouest


Dominique Mirassou


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