A lire ou à relire sans hésitation : Isaac Bashevis Singer (1902-1991)

Juif polonais, émigré en 1935 aux Etats-Unis (en pleine montée du nazisme), Prix Nobel de littérature en 1978, décédé à Miami en 1991, Isaac Bashevis Singer, dont j’ai découvert l’œuvre bien tard, il y’a une quinzaine d’années, est un écrivain digne du plus grand intérêt, pour ne pas dire incontournable.

Peintre réaliste, mais oh combien intelligent et subtil des passions humaines, de l’angoisse, du désespoir et parfois de la folie, il est de ceux qui après les avoir lus, nous laissent l’impression de nous avoir rendus plus intelligents. D’avoir donné à notre vision du monde, ainsi qu’à celle de notre propre vie, une telle acuité, une telle finesse d’analyse, que quelque part, il apparaît difficile de sortir indemne de la lecture de leurs oeuvres et de continuer ensuite à vivre exactement de la même façon.

Isaac Bashevis Singer dans l’East Side (N.Y)
todayspictures.slate.com

Bien que très réalistes, souvent d’ailleurs tragiquement, d’une très grande lucidité, ses romans ne sont en rien déprimants, mais curieusement vivifiants. La petitesse y côtoie la grandeur d’âme, la fidélité la trahison, le bonheur les souffrances de la vie, l’honnêteté la corruption, l’amour le mépris……… bref cette dualité qui fait que le bien ne saurait exister sans le mal, et que la condition humaine est à ce prix.
Condamnés à être ballottés entre tout ces contraires, capables qu’ils sont du meilleur comme du pire dans la quête d’un bonheur improbable mais oh combien recherché, tantôt bien réel mais fugitif, tantôt impossible, parfois bâti sur des trahisons, des illusions ou des lâchetés, rarement source d’une véritable plénitude.
Les personnages des romans d’IBS, rarement rassasiés dans leur quête de sens, se questionnent souvent (la qualité de leur réflexion est d’ailleurs remarquable), très conscients de leurs propres contradictions, ne les assumant pas toujours, voire les fuyant, tiraillés entre leurs désirs et leur devoir, leurs engagements et leur légèreté, soucieux d’accéder à un réel bonheur. Qu’ils soient athées ou croyants, quelque part ils souffrent, mais sont néanmoins bien vivants, et leur vie ne manque pas d’intérêt.
Heureux ou malheureux ? Le savent ils eux-mêmes ? Est-ce là la question ?

Quelques titres d’ouvrages :
Le roi des Champs. Le Magicien de Lublin.
L’esclave. Un jeune-homme à la recherche de l’amour.
Le certificat. Ombres sur l’Hudson. Le Manoir. Le Spinoza de la rue du Marché.
Au tribunal de mon père. Meshugah.
Gimpel le naïf.

Ecrit par Dominique Mirassou


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