1870-71 Bordeaux, capitale tragique de la France, la République est proclamée …



Publié le 8 décembre 2017 à 11:20

Culture

Le 4 septembre 1870, Bordeaux apprend la nouvelle de la capitulation de Sedan. Le jour même, la foule accourue place de la Comédie met à bas la statue de Napoléon III érigée sur les allées de Tourny et passant par les fossés du Chapeau-Rouge, va la jeter en morceaux dans la Garonne.


La République proclamée …

Le pays sort de six mois de guerre et de défaites, la misère domine, quarante-trois départements sont occupés, 400.000 Français faits prisonniers. A l’intérieur du Palais de la Bourse, la plaque sur laquelle a été gravée la phrase prononcée à Bordeaux en 1852 : « L’Empire c’est la paix ! » est descellée. Les rues à dénomination impériale sont débaptisées.

Vers 22 heures, près de vingt mille bordelais sont présents quand le maire, Emile Fourcand, proclame la République par deux fois, tout d’abord du haut du balcon de la préfecture, ensuite depuis le péristyle du Grand-Théâtre.

Le lendemain, le maire revient sur le Cours du Chapeau-Rouge pour mettre en place comme préfet son premier adjoint, Simiot, qui le 7 septembre transmet ses pouvoirs à son ami Amédée Larrieu.

1870-71 Bordeaux

Bordeaux capitale de la France

En 1871, Bordeaux est la capitale de la France. Présidée par son doyen d’âge, le comte d’Azy, l’Assemblée nationale siège le 13 février au Grand Théâtre. Une fois de plus les Bordelais s’amassent place de la Comédie pour acclamer Victor-Hugo, Thiers et Gambetta.

Alors que Paris est assiégée et affamée, les députés en résidence à Bordeaux mènent une vie de château, les restaurants chics sont envahis. Les journaux satiriques parlent d’une « République enjuponnée » tant nombre d’épouses, voire de maîtresse foulent le pavé bordelais.

Gambetta s’est installé en face du grand-théâtre, au grand hôtel de la Paix. Thiers quant à lui, s’installe au 6 de la rue Esprit-des-Lois chez M. Ducru, propriétaire en Médoc du château Beaucaillou.

Le Café de Bordeaux (en bas à droite de l’hôtel) est à cette époque l’endroit très fréquenté où il faut être vu. « Le tout-Paris s’y donnait rendez-vous. J’ai entendu là Louis Blanc faire des déclarations sonores en faveur de l’Alsace-Lorraine et Victor-Hugo crier de tout cœur : Vive la République ! » (H. Welschinger).

Les Parisiens regagnent la capitale …

Le 10 mars 1871, le gouvernement Thiers décide de quitter Bordeaux pour s’installer à Versailles, les Parisiens regagnent la capitale et Bordeaux retrouve son calme, le maréchal Mac Mahon devient président de la République.

Cette période va conduire à Bordeaux à la suppression de la « grande procession », importante et vieille manifestation religieuse qui, le jour de la Fête-Dieu, parcourait le centre de la ville et faisait halte près du Grand-Théâtre. Par arrêté du 29 avril 1880, le maire interdit toutes les cérémonies extérieures du culte désignées sous le nom de processions.

Mesure applaudie par le journal la Petite Gironde pour qui ce sont des manifestations cléricales qui entravent la circulation et froissent la conscience des citoyens attachés aux principes de la libre pensée. Le Journal de Bordeaux s’indigne en affirmant que sous un régime qui se dit puissant, populaire et fort, M. le Maire est pris du vertige de la peur …

1870-71 Bordeaux

La première célébration de la Fête Nationale …

En revanche, pour la première fois, le 14 juillet 1880 est célébrée la Fête Nationale…..

Au Grand-Théâtre, le préfet, le maire Albert Brandenburg et ses adjoints assistent à la représentation des « Français à Milan », alors que le soir, après un violent orage, un feu d’artifice est tiré sur la place des Quinconces.

Le lendemain, en l’église Notre-Dame, se réunissent les royalistes qui eux, célèbrent la Saint-Henri … Le cours des Fossés deviendra le cours Victor-Hugo en 1885.

Sources (Dossiers d’Aquitaine - Naissance et vie des quartiers de Bordeaux – Albert Reche)


Dominique Mirassou


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