Château de Mongenan : Le nez du vin

Dégustant un Châteauneuf du Pape 1804, Talleyrand, propriétaire du château Haut-Brion avait dit à la Duchesse de Dino : "Quand un vin a une belle robe,il faut le contempler longtemps du regard, l’approcher de son nez, l’humer, reposer son verre avec un long soupir, percevoir ce qu’il évoque en vous : chaleur, tendresse, apaisement, en parler, le sentir encore, et enfin le porter à ses lèvres car on ne jouit vraiment de ce dont on ose se frustrer". Tout est dit dans cette phrase : la complexité des arômes du vin, leur pouvoir d’évocation, les commentaires qu’ils suscitent et le bonheur différé de la dégustation. Car les vrais amateurs de vin ne sont pas des soiffards, mais des esthètes. Ils reconnaissent un grand vin à deux aspects : sa capacité à vieillir presque éternellement et son aptitude à développer des arômes qui transportent le dégustateur vers des mondes lointains. Jean Lenoir, qui a consacré sa vie aux différents nez du vin , a identifié douze arômes majeurs : la fraise, la framboise, le cassis, la mûre, la cerise, la violette, le poivron vert, la truffe, la réglisse, la vanille, le poivre et le fumé. Certains de ces arômes s’expliquent par le cépage (la cerise caractéristique du cabernet sauvignon dans le château Rochemorin , la violette caractéristique de certains Pomerols dont le château La Violette, précisément , les agrumes dans certains Barsac , les notes fumées caractéristiques du cabernet qui donne aussi un nez de truffe, et la vanille, qui vient de la barrique sans parler du nez d’amande, si caractéristique et spécifique du Haut-Brion blanc qui est lui, un des miracles du terroir. Mais plus encore que ces arômes, le nez d’un vin représente ce medium singulier qui est à la fois évocateur de la profondeur de soi et des souvenirs que l’on a enfouis et du partage de l’ici et du maintenant que l’on peut faire. Un et multiple, ici et maintenant, ailleurs et autre part, le nez d’un vin fait aborder le dégustateur dans une contrée indéfinissable à la fois île déserte et continent peuplé où soi-même rencontre l’autre sans se perdre.
De tout cela, Florence Mothe parlera, évidement verre en main, le dimanche 6 mai à 17 heures au château de Mongenan. Dégusterait-on de la même manière un vin s’il ne sentait rien ? Le nez du vin est-il uniquement une promesse ? Est-il indispensable de découvrir au fond du verre des saveurs de menthe, de terre mouillée, de curcuma ou de cardamome ? Mme Fournier, propriétaire du Château Canon à Saint Emilion, avait jadis fait scandale dans un dîner de "Cuisine et vins de France " en interrompant un pédant qui commentait un cru avec un vocabulaire adéquat : "Vous relèverez en fond de bouche des saveurs empyreumatiques, du latin empureuma : la braise....
-  Mais enfin, Monsieur, il y a surtout du raisin dans ce vin ! "

Renseignements : Château de Mongenan 05 56 67 18 11.
Visite à partir de 14 h. Conférence naturellement suivie de la dégustation verticale et gourmande des vins du domaine.


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